Solvabilité

Open Banking, DDC2 et forbearance : comment la décision crédit est en train de basculer

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14.04.2026

Une nécessité réglementaire et opérationnelle

L’open banking n’est plus une tendance fintech.


C’est devenu une obligation structurelle qui redéfinit la chaîne de valeur bancaire en Europe.

La directive DSP2, entrée en vigueur en 2018, et sa prolongation avec la DSP3 imposent aux banques d’ouvrir l’accès aux données via des API standardisées.


Mais l’enjeu dépasse largement la conformité. C’est l’architecture décisionnelle des établissements qui évolue.

En parallèle, la directive crédit à la consommation, DDC2 (CCD2), renforce les exigences en matière d’évaluation de la solvabilité et de gestion des clients en difficulté.

Trois pressions convergent désormais :

  • Réglementaire : DSP2 et DSP3, DDC2, renforcement des obligations KYC et KYB
  • Concurrentielle : montée en puissance des fintech et accélération de l’exploitation des données
  • Opérationnelle : la forbearance devient un enjeu direct de rentabilité et de conformité

Ce qui change n’est pas l’accès à la donnée.


C’est la manière dont elle doit être utilisée pour décider.

L’Open Banking, au-delà de l’ouverture d’API

L’open banking est souvent réduit à un mécanisme technique.

Cette lecture est incomplète.

Le changement est structurel. Il redéfinit l’exploitation de la donnée financière.

Avant DSP2 :

  • monopole des banques sur les données
  • agrégation fragile via scraping
  • absence de vision multi-banque fiable

Après DSP2 :

  • accès sécurisé via API
  • consentement explicite du client
  • données exploitables en quasi temps réel

On passe d’un contrôle de la donnée à une circulation de la donnée.

Du partage à l’exécution avec la DSP3

La DSP2 a posé les fondations avec l’accès aux comptes, l’initiation de paiements et l’authentification renforcée.

La DSP3 prolonge cette dynamique :

  • extension des cas d’usage
  • renforcement de la lutte contre la fraude
  • exigences accrues d’équité entre canaux

L’évolution est claire. L’open banking passe d’un rôle informatif à un rôle opérationnel.

La forbearance devient un enjeu central

La forbearance, c’est-à-dire l’ensemble des mesures d’accompagnement des clients en difficulté, a profondément évolué.

Elle n’est plus uniquement défensive.

Elle devient un levier direct de performance du portefeuille crédit.

Depuis la crise COVID, les exigences se sont renforcées :

  • suivi plus précis
  • documentation des décisions
  • distinction des types de mesures

Dans le même temps, les marges de manœuvre se réduisent.

Le rôle déterminant de la donnée dans la gestion du risque

Sans données actualisées :

  • les difficultés sont détectées tardivement
  • les solutions sont moins efficaces
  • les pertes augmentent

Le principal problème n’est pas la forbearance. C’est le moment où elle intervient. L’open banking permet de modifier ce timing.

Avec un accès aux flux en temps réel :

  • les signaux faibles apparaissent plus tôt
  • les décisions peuvent être prises avant le défaut
  • les solutions sont mieux adaptées

On passe d’une logique curative à une logique préventive.

Une adoption déjà engagée, appelée à s’accélérer

L’open banking est déjà largement déployé en Europe.

  • les infrastructures sont en place
  • les usages progressent rapidement
  • certains acteurs l’intègrent déjà dans leurs décisions

Mais les niveaux de maturité restent hétérogènes.

Un écart se creuse entre :

  • les acteurs qui exploitent réellement les données
  • et ceux qui restent sur des approches déclaratives

Avec la DSP3 et la DDC2, cet écart devrait s’accentuer.

L’open banking devient progressivement incontournable.

De la donnée à la décision

L’accès à la donnée n’est plus un avantage compétitif.

Il est désormais acquis.

Le véritable enjeu réside dans sa transformation en décision.

Cela suppose de :

  • analyser les flux de manière pertinente
  • détecter les signaux faibles
  • produire des évaluations fiables
  • intégrer ces analyses dans les processus métiers

La différenciation se joue à ce niveau.

Une transformation qui dépasse la technologie

L’intégration de l’open banking ne relève plus uniquement d’un enjeu technique.

Elle devient organisationnelle.

Elle implique de repenser :

  • les processus de décision
  • les outils de pilotage du risque
  • la gestion de la relation client

L’enjeu n’est donc plus uniquement technologique.
Il est désormais organisationnel, et repose sur la capacité à intégrer, croiser et exploiter efficacement ces données.

Vers des approches intégrées

Face à ces évolutions, une nouvelle logique s’impose.

L’objectif n’est plus seulement d’accéder à la donnée, mais de l’exploiter de manière cohérente dans les processus de décision.

Cela suppose de :

  • croiser différentes sources d’information
  • produire des analyses directement exploitables
  • garantir traçabilité et conformité

On passe d’une logique d’outils à une logique de système décisionnel.

Conclusion

La convergence entre open banking, DSP3 et la DDC2 marque un tournant.

Il ne s’agit plus simplement d’ouvrir l’accès aux données.

Il s’agit de transformer la manière dont les décisions bancaires sont prises, justifiées et pilotées.

Dans ce nouveau cadre :

  • la donnée devient centrale
  • la décision devient continue
  • l’anticipation devient stratégique

L’open banking s’impose comme une infrastructure.

Et les acteurs qui sauront l’exploiter pleinement en feront un avantage compétitif durable.

Meelo et l’Open Banking au service de la décision

Meelo permet d’exploiter les données Open Banking directement dans les processus de décision :

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Score de solvabilité calculé en quelques secondes, basé sur les données transactionnelles

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Cassandre Nolf
Strategy Marketing Manager