Surendettement : comment l'open banking transforme la détection de la fragilité financière
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11.09.2026
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C'est le nombre de dossiers de surendettement déposés en France en 2025, une hausse de 9,8 % en un an qui s'accélère encore en fin d'année (+19,8 % sur le seul mois de décembre, selon la Banque de France).
Près de 915 000 personnes sont aujourd'hui inscrites au fichier des incidents de paiement, dont plus de 89 000 pour motif de surendettement.
Derrière ces chiffres, une réalité opérationnelle pour les banques et organismes de crédit : la loi leur impose depuis 2013 de détecter leurs clients en situation de fragilité financière, et de leur proposer un accompagnement adapté.
Mais détecter la fragilité avant qu'elle ne devienne un dossier à la Banque de France reste, pour beaucoup d'équipes, un exercice largement déclaratif et chronophage.
C'est exactement le point que l'open banking vient corriger.
Une obligation légale, un exercice resté largement manuel
Depuis la loi de séparation et de régulation des activités bancaires de juillet 2013, les établissements de crédit, de paiement et de monnaie électronique ont l'obligation de mettre en place un dispositif de détection de la fragilité financière de leurs clients.
Cette obligation est inscrite dans la charte d'inclusion bancaire, dont la version en vigueur a été homologuée par arrêté le 16 septembre 2020.
Depuis le 1er novembre 2020, un client est considéré comme fragile dès lors que, sur un même mois, il cumule 5 irrégularités ou incidents de paiement, ou qu'il est inscrit 3 mois consécutifs au fichier central des chèques, ou qu'il a un dossier de surendettement en cours de traitement.
La banque doit alors lui proposer l'offre spécifique clientèle fragile (OCF) et plafonner ses frais d'incidents à 25 € par mois.
Sur le papier, le cadre est clair.
En pratique, la détection repose encore largement sur des indicateurs partiels (incidents déjà déclarés, alertes internes) et sur des entretiens téléphoniques déclaratifs pour qualifier une situation.
Un conseiller qui traite un dossier de client en difficulté sans accès aux données bancaires réelles doit reconstituer manuellement le budget du foyer : revenus, charges fixes, crédits en cours, taux d'endettement, reste à vivre.
Un exercice qui prend en moyenne 45 minutes par dossier, sur la base de ce que le client déclare, pas de ce qui est réellement sur son compte.
Ce que change l'accès direct aux données bancaires
L'open banking (DSP2) permet de récupérer, avec le consentement explicite du client, l'historique réel de ses comptes bancaires en quelques secondes, sans ressaisie déclarative.
Appliqué à l'accompagnement d'un client en difficulté, cet accès change trois choses :
- La fiabilité des données. Le conseiller travaille sur des transactions réelles, catégorisées automatiquement, plutôt que sur une déclaration orale reconstituée de mémoire.
- Le temps disponible pour l'accompagnement. Le calcul du taux d'endettement et du reste à vivre, qui prenait l'essentiel du rendez-vous, devient automatique : le temps gagné va vers la recherche de solutions.
- La détection de signaux faibles invisibles au déclaratif. Frais d'intervention répétés, solde qui se dégrade mois après mois, allocation chômage qui remplace un salaire, multiplication des crédits à la consommation : ces alertes, calculées automatiquement, apparaissent souvent avant que le client lui-même n'ait conscience de la gravité de sa situation.
Un cas concret : l'accompagnement client chez un grand acteur du crédit à la consommation
Une structure de crédit à la consommation d'un grand groupe bancaire français a équipé son équipe dédiée à l'accompagnement des clients en difficulté d'un portail open banking Meelo, avec deux objectifs : remplacer un processus téléphonique déclaratif d'environ 45 minutes par dossier, et donner aux conseillers une vision fiable et immédiate de la situation financière réelle du client.
Sur onze mois d'utilisation (plusieurs centaines d'analyses réalisées), les résultats observés :
Point notable relevé par les conseillers eux-mêmes : le taux d'acceptation de la démarche open banking par des clients déjà en situation difficile est resté élevé, contre-intuitif pour une population que l'on pourrait imaginer réticente à partager davantage de données.
Retour d'un conseiller :
« On est étonnamment surpris de l'acceptation des clients… dans la grande majorité des cas, ils sont OK. »
L'analyse de la population traitée confirme par ailleurs qu'il s'agit bien d'une clientèle plus fragile que la moyenne : la majorité des comptes analysés affichent un reste à vivre négatif au moment de l'étude, et le score de risque moyen de cette population est sensiblement inférieur à la moyenne des clients accompagnés par des solutions Meelo tous secteurs confondus.
L'autre bout de la chaîne : agir avant que le dossier n'existe
La détection dans le parcours bancaire n'est qu'un maillon.
Meelo est aujourd'hui présent sur plusieurs temps de la fragilité financière, pas seulement au moment où le risque se matérialise.
En amont, Meelo accompagne la fondation Crésus, réseau fédérant une trentaine d'associations indépendantes reconnues d'utilité publique, qui mobilisent près de 500 bénévoles experts (cadres bancaires et assurance, anciens cadres de la Banque de France, avocats, juges, enseignants) pour accompagner gratuitement les personnes en situation de surendettement, partout en France. Nous avons contribué à la mise en place d'un outil très utile pour gérer et apprendre à gérer un budget sous forme de jeu : Dilemme
C'est cette double présence, dans l'anticipation avec des acteurs de terrain comme Crésus, et dans la détection du risque au sein même du parcours bancaire, qui distingue l'approche : la fragilité financière n'est pas traitée comme un simple sujet de conformité, mais comme un continuum à couvrir de bout en bout.
Ce que ça implique pour les équipes risque, conformité et accompagnement client
Pour une direction des risques ou une équipe dédiée à l'accompagnement des clients fragiles, l'enjeu n'est pas seulement de se conformer à la charte d'inclusion bancaire. Toutes les équipes qui font du recouvrement sont concernées !
C'est de transformer un exercice actuellement coûteux en temps conseiller en un levier de détection plus précoce, et donc plus efficace pour éviter qu'une difficulté passagère ne se transforme en dossier de surendettement.
Trois questions utiles pour évaluer sa propre exposition :
- Combien de temps un conseiller passe-t-il aujourd'hui à reconstituer le budget d'un client en difficulté, avant même de pouvoir chercher une solution ?
- Sur quelle base les décisions d'accompagnement sont-elles prises : déclaratif oral, ou données bancaires réelles ?
- Les signaux faibles (dégradation du solde, multiplication des frais d'intervention, recours croissant au crédit renouvelable) sont-ils détectés avant l'incident, ou seulement après ?
FAQ
L'open banking est-il compatible avec une population de clients en difficulté, potentiellement moins à l'aise avec le digital ?
Oui, l'expérience observée montre un taux d'acceptation élevé de la démarche, y compris sur une population plus fragile que la moyenne. Le point clé est la façon dont le consentement est présenté par le conseiller : en accompagnement, pas en contrôle.
Est-ce que cela remplace le rôle du conseiller ?
Non. L'automatisation porte sur la collecte et le calcul (données, ratios, alertes), pas sur la décision. Le temps gagné est réinvesti dans la recherche de solutions, l'échange avec le client et le suivi du dossier.
Quelles données sont concrètement remontées ?
Revenus réels (salaires, pensions, allocations), charges fixes catégorisées automatiquement, taux d'endettement, reste à vivre, et alertes sur incidents (frais d'intervention, rejets, solde négatif, inscriptions liées au chômage, etc.).
Ce type de dispositif est-il réservé aux grands groupes bancaires ?
Non. Le principe s'applique à tout établissement de crédit, de paiement ou de monnaie électronique soumis à l'obligation de détection de la fragilité financière, quelle que soit sa taille, y compris à l'échelle d'une entité régionale ou d'une filiale.
Meelo vous aide et vous accompagne sur les sujets de fragilité financière.
Elle combine open banking, scoring comportemental et détection de fraude documentaire dans une API unique, avec hébergement souverain en France et conformité RGPD by design.
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