VRP (Variable Recurring Payment) : la fin des prélèvements SEPA pour les paiements récurrents ?

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11.05.2026

Le prélèvement SEPA, tout le monde connaît. Pratique, répandu, il structure depuis des années les paiements récurrents en Europe. Mais il a ses limites, et elles commencent à peser lourd.

Le VRP, ou Variable Recurring Payment, propose une alternative construite sur les rails de l'open banking.

Au Royaume-Uni, les premiers paiements live sous ce schéma débutent en 2026.

En France, le déploiement s'accélère avec PSD3.

Explication de ce qui change, et pourquoi les entreprises qui gèrent des mensualités, des abonnements ou des loyers ne devraient pas attendre.

Qu'est-ce que le VRP (Variable Recurring Payment) ?

Le VRP, pour Variable Recurring Payment, est un mécanisme de paiement récurrent initié via l'open banking. Concrètement, il permet à une entreprise de déclencher des virements automatiques et programmés depuis le compte bancaire d'un client, après que ce dernier a donné son consentement explicite lors d'une première transaction.

Il existe deux grandes familles de VRP :

  • Le sweeping VRP : des virements automatiques entre les propres comptes d'un client (par exemple, alimenter automatiquement un compte épargne).
  • Le commercial VRP : des paiements récurrents vers un tiers, une entreprise, un prestataire, un bailleur. C'est ce type qui intéresse les entreprises B2B et B2C faisant des prélèvements réguliers.

Dans sa forme commerciale, le VRP permet de configurer un virement permanent programmé depuis le compte du client, avec un calendrier et un montant définis au moment du consentement initial. Le client autorise une fois, et les paiements partent selon le rythme fixé par l'entreprise.

Comment ça marche concrètement ?

Prenons un exemple : la location automobile longue durée ou un paiement en 3 ou 4 fois sans frais.

Avec le schéma classique :

  1. Le client paye son acompte par carte bancaire.
  2. Il signe un mandat SEPA pour autoriser les prélèvements suivants.
  3. L'entreprise initie des prélèvements chaque mois depuis son côté.

Avec le VRP :

  1. Le client paye son acompte via un virement initié par PIS (Payment Initiation Service, un service d'open banking réglementé par la DSP2).
  2. Au moment de ce virement, son consentement sert également à configurer automatiquement un virement permanent programmé depuis son compte.
  3. Le virement part à chaque échéance selon la fréquence définie par l'entreprise, sans action supplémentaire du client, sans initiation manuelle côté entreprise.

Le point clé : c'est le client qui "pousse" les fonds depuis son compte, et non l'entreprise qui "tire" via un mandat. Une nuance technique avec des implications pratiques majeures.

VRP vs SEPA : ce qui change vraiment

Le SEPA, c'est révocable, et ça coûte cher

Un client mécontent peut contester un prélèvement SEPA jusqu'à 8 semaines après son exécution, sans justificatif. Dans certains cas de débit non autorisé, ce délai monte à 13 mois. Pour les entreprises, cela représente un risque d'incidents de paiement structurel, sans possibilité d'anticipation.

Avec le VRP, c'est fondamentalement différent. Le virement est "volontaire" au sens technique : il part du compte du client. Une fois exécuté, il est irrévocable. Et si le client décide de révoquer son consentement en amont, l'entreprise est alertée immédiatement : elle peut agir avant même que l'échéance soit manquée.

Pourquoi les entreprises devraient basculer sur le VRP

1. Moins d'impayés, moins de surprises

Avec le SEPA, un impayé se découvre après le fait. Le prélèvement part, revient, et la gestion du recouvrement commence. Avec le VRP, si le paiement ne passe pas (compte insuffisamment provisionné ou consentement révoqué), l'entreprise est notifiée en temps réel. Elle peut relancer, adapter, négocier avant que la situation ne se dégrade.

Pour les secteurs où les risques d'impayés sont structurels comme l'énergie, la location ou le financement à la consommation, c'est un changement de paradigme.

2. Des frais de transaction plus faibles

Le VRP s'appuie sur des virements bancaires directs, sans les intermédiaires des réseaux CB.

Les études sectorielles montrent que les frais de transaction d'un VRP sont généralement inférieurs à ceux d'un prélèvement SEPA, et encore plus bas par rapport aux paiements par carte. Sur des volumes importants de mensualités, la différence est significative.

3. Une expérience client plus fluide à la souscription

Le parcours traditionnel cumule les étapes : paiement CB, puis signature de mandat SEPA dans un second temps. Avec le VRP, les deux sont fusionnés en un seul geste. Le client paie son acompte et configure son virement récurrent en une seule authentification forte. Moins de friction, moins d'abandon en cours de souscription.

4. L'entreprise garde la main sur le calendrier

La fréquence des virements (mensuelle, trimestrielle, bimensuelle…) est définie par l'entreprise au moment du setup, dans les limites du consentement donné par le client. C'est elle qui décide du rythme, pas la banque, pas un intermédiaire.

5. Moins de risques de fraude à la souscription

Le VRP impose l'authentification forte et s'appuie sur des canaux bancaires réglementés. Il n'y a pas de numéro de carte à transmettre, pas de mandat papier falsifiable. La fraude documentaire à la souscription, un risque bien réel pour les entreprises utilisant le SEPA, est structurellement réduite.

Les cas d'usage les plus adaptés

Le commercial VRP est particulièrement pertinent dans les modèles économiques où les échéances sont régulières et planifiables :

  • Location et leasing (automobile, équipement, immobilier) : mensualités fixes, calendrier prédéfini, idéal pour le VRP. Pour les acteurs du secteur automobile et leasing, c'est une évolution naturelle des parcours de souscription.
  • Paiement fractionné sans frais (3x, 4x) : montant par échéance constant, calendrier défini dès le départ.
  • Abonnements B2B à montant fixe : logiciels, services managés, assurances à prime fixe.
  • Financement d'entreprises : remboursements de crédit à mensualités constantes.
  • Paiements aux services publics : au Royaume-Uni, le nouveau schéma UKPI prévoit d'étendre le VRP aux factures d'énergie et aux paiements gouvernementaux dès 2026.

Une contrainte à connaître : la question du montant

Dans les implémentations actuelles du commercial VRP en France et en Europe, le montant de chaque virement est défini au moment du consentement et doit rester constant à chaque échéance. Impossible de configurer un VRP sur 50 € puis 100 € à l'échéance suivante sans recueillir un nouveau consentement.

À noter : la définition officielle du VRP permet techniquement des montants variables dans des limites fixées par le client. C'est déjà possible au Royaume-Uni. Cette fonctionnalité devrait progressivement arriver sur le marché européen avec les évolutions de PSD3, mais dans l'immédiat, les entreprises doivent travailler avec des montants d'échéance fixes.

Pour les modèles à facturation à l'usage ou à montant variable (abonnements avec upsell, consommation fluctuante), d'autres mécanismes open banking s'appliquent.

Où en est le déploiement en Europe ?

Le VRP n'est pas une technologie de demain : elle existe et se déploie activement.

Au Royaume-Uni, le VRP commercial est le plus avancé. La FCA a annoncé en 2025 le lancement du schéma commercial via une nouvelle organisation, UK Payments Initiative (UKPI). Les premiers paiements live sont attendus en Q1 2026, avec une évaluation complète fin 2026. L'objectif : étendre le VRP aux factures d'énergie, aux services financiers et aux paiements gouvernementaux.

En France et en Europe continentale, le déploiement est lié à PSD3 (la révision de la directive sur les services de paiement), dont l'entrée en vigueur est attendue courant 2026. Des acteurs comme SlimPay, Tink ou Yapily proposent déjà des implémentations de VRP pour le marché français.

Selon les projections sectorielles, l'usage de l'open banking en France devrait passer de moins de 10 % à 36 % d'ici 2027. Le VRP sera l'un des principaux moteurs de cette croissance.

Conclusion

Le VRP s'impose progressivement comme l'alternative la plus solide au prélèvement SEPA pour les entreprises gérant des mensualités fixes : irrévocabilité des paiements, alertes en temps réel, souscription simplifiée, frais réduits et moins de fraude documentaire. Le déploiement est en cours en France, porté par PSD3. Pour les entreprises qui anticipent l'évolution des standards de paiement, s'y intéresser maintenant, c'est prendre de l'avance.

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Cassandre Nolf
Strategy Marketing Manager

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