Les enjeux de la fraude en B2B
Les enjeux de l'entrée en relation B2B sont différents de ceux du B2C : côté entreprise, la fraude se cache derrière l'identité d'un dirigeant, une société fictive ou des données financières peu fiables.
Maxence revient sur 3 points :
- pourquoi le scoring entreprise est plus difficile que le scoring particulier
- les signaux qui trahissent une société fictive ou un dirigeant usurpé
- comment croiser des centaines de points de contrôle en quelques secondes pour décider sans ralentir le commerce
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Les principaux enjeux, c'est qu'en B2B les traitements de dossiers sont plus longs, notamment sur tout ce qui est financement, crédit, leasing, automobile. Le but, c'est de réduire ces temps de décision tout en sécurisant au maximum les problématiques liées au risque, que ce soit la fraude ou l'impayé. Dans un environnement hyper concurrentiel, il faut pouvoir sécuriser rapidement une entrée en relation ou un octroi de crédit, en s'assurant que la personne est bien celle qu'elle prétend être. Dans le cadre d'une personne morale, il y a forcément une personne physique : il faut s'assurer que l'entreprise existe, qu'elle a une vraie activité, qu'elle est financièrement solide, que la personne est bien habilitée à engager l'entreprise et que l'ensemble des documents demandés sont conformes.
Le deuxième enjeu, c'est de simplifier au maximum le parcours du client final, en évitant de lui demander trop de justificatifs. Quand nous pouvons, avec son consentement, les collecter à la source via sa banque, un opérateur téléphonique ou un fournisseur d'énergie pour un justificatif de domicile, ça sécurise, le parcours est plus rapide, et à la fin tout le monde est content.
Le double scoring est une question qu'on nous pose souvent. Chez Meelo, nous avons un score sur l'identité et un score sur l'entreprise. Beaucoup de clients nous demandent pourquoi ne pas n'en faire qu'un seul. La raison est simple : nous ne regardons pas la même chose. Le score sur l'identité ne regarde pas l'entreprise, il vérifie juste que le dirigeant est bien celui qu'il prétend être. Une fois ce score bon, nous regardons le score sur l'entreprise, qui lui ne regarde pas l'identité : est-ce que l'entreprise existe, est-elle réelle, a-t-elle une activité légitime ?
Nous avons des cas où le score sur l'identité est très mauvais et le second excellent. Nous le voyons toutes les semaines. Face à ce type de cas, on peut légitimement penser à une tentative d'usurpation d'identité d'un vrai dirigeant, et non à une entreprise entièrement frauduleuse. À l'inverse, si le premier score est bon et le second catastrophique, nous sommes peut-être face à une vraie personne mais un prête-nom ou un gérant de paille, et à une entreprise qui n'est pas légitime : une coquille vide réactivée, voire créée de toutes pièces pour demander des financements, de l'affacturage ou de la location de matériel.
Un cas concret : une entreprise créée de toutes pièces il y a 3 ans. Rien ne se passe pendant un an et demi, puis ils déposent 2 bilans simultanément le même jour. Ce qui est intéressant, c'est qu'ils sont allés jusqu'à créer, à peu près au même moment, un vrai cabinet d'audit et de comptabilité, enregistré administrativement au greffe. Pourquoi ? Parce que les fraudeurs ont bien compris que certaines banques et certains loueurs, en cas de doute, contrôlent auprès du cabinet comptable qu'il a bien certifié les comptes. Là, nous ne sommes pas sur l'usurpation d'un vrai cabinet comptable : c'est un faux cabinet comptable. L'intérêt pour le fraudeur, c'est que si la banque procède à ce contrôle, le comptable répond qu'il n'y a pas de souci, que c'est son client, qu'il est solvable et que c'est lui qui a édité les comptes.
Là où ils sont malins, c'est qu'ils ont depuis créé une dizaine de personnes morales dans cette cartographie. Le faux cabinet comptable a un vrai site web, avec des photos de collaborateurs générées par IA, et il a certifié l'ensemble du groupe. On se retrouve avec une douzaine de coquilles qui paraissent extrêmement bancables, avec de beaux bilans, et en backup un cabinet comptable qui confirme que tout est vrai. Si on ne regarde pas vraiment l'ensemble des signaux faibles, on peut se faire avoir. Et généralement ces fraudes-là, ce n'est pas 200, 500 ou 1 000 euros : on parle de dizaines voire de centaines de milliers d'euros.
J'étais en rendez-vous ce matin avec un acteur de la location de matériel, qui travaille avec des établissements de refinancement souvent filiales de groupes bancaires. Il me disait en fin de rendez-vous : ce qui est très bien avec votre solution, c'est qu'elle va nous permettre de détecter des choses que nous ne verrions pas forcément, et de détecter des comportements et des signaux que nous finirions par identifier nous-mêmes, mais au lieu d'y passer 3 jours nous y passons 5 secondes. C'est un vrai avantage : détecter la fraude plus rapidement, et identifier la grande majorité des dossiers comme étant RAS pour aller plus vite.
Envie d'aller plus loin ?
Voyez comment Meelo détecte la fraude et fluidifie vos parcours d'entrée en relation.
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